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LA FRANCE EN DIAGONALE

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Le but de cette randonnée était d'amener deux chevaux qui séjournaient dans un pré en Normandie, près de la baie du Mont Saint-Michel, jusqu'à un village de la Drôme, Dieulefit, où avait déménagé leur propriétaire, soit un voyage de plus de 1000 km en 3 mois.   

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Le cheval a un grand capital de sympathie, et tous les soirs nous n'avions pas trop de mal à trouver un pré pour nos montures et un coin pour planter la tente. Bien souvent aussi, des gens étonnés par notre voyage au long cours nous hébergaient gracieusement chez eux. Certains nous ont prêté leur voiture, d'autres nous ont confié les clés de leur maison, et nous avons même été invités à dîner à une fête de mariage...

Nos aventures dans le journal...

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Perdus dans la Beauce...Traverser ces cultures étaient un cas de force majeure, mais qui n'a jamais galopé dans un champ de blé ne connait rien à la vie ! 

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 Le château fort de Sarzay, dans le Berry, où nous avons fait étape pendant trois jours.

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C'est un ancien employé d'EDF qui a racheté ce fort dans les années 1980 pour le prix d'une maison neuve en province. Entré en conflit avec les Monuments Historiques, il tente de restaurer par lui-même ce fleuron du Haut Moyen-Age.

La devise du château a attirée mon attention et je l'ai noté pour m'en souvenir : Audaces fortuna juvat, Timidosque repellit (la fortune sourit aux audacieux et repousse les timides).

Arrivée dans la Creuse.

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 Eliott, le petit rouquin qui chapardait le pain dans les sacoches, et Trinicat, le cheval le plus brave du monde (ce serait un peu long d'expliquer pourquoi...)

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En Auvergne, lors d'une journée de repos pour les chevaux, Arianne et moi avions décidé de faire une randonnée à pied sur le Puy de Dôme. Le soleil avait été radieux toute la journée, mais en fin d'après-midi, alors que nous nous promenions sur le mont Pariou, nous avons été surpris par un orage aussi bref que titanesque...
C'est sans conteste la plus grosse frayeur de ma vie, car je n'exagère pas en disant que nous zigzaguions entre la foudre !

Après une course éperdue sous le déluge (en quelques minutes, un chemin avait été transformé en rivière), nous avons fini par trouver refuge dans le van à mouton d'une bergerie de montagne. La scène était plutôt incongrue : nous étions trempés jusqu'aux os, grelottant de froid, et j'essorais mes vêtements en compagnie d'une demoiselle en petite tenue que je ne connaissais que depuis une semaine !

Dernier regard vers le Puy de Dôme où la veille nous avons bien cru périr foudroyés...

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A notre époque où nous avons pris l'habitude d'être toujours pressé, c'est une sensation inhabituelle que de voir le paysage changer lentement au fil des jours. En voyageant ainsi sur les petits chemins de France, on peut admirer des paysages préservés et pittoresques, qu'assurément on ne pourra jamais voir en voiture sur les grands axes de circulation...

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Voyager à cheval est anachronique si seule l'arrivée importe. Pour avaler les kilomètres en effet, il y a de nos jours des moyens de transport beaucoup plus productifs. Or tel n'était pas notre but puisque le voyage en lui-même était tout aussi important que la destination.
"Qui veut aller loin ménage sa monture", dit le proverbe, et nos étapes journalières dépassaient rarement les 40 km. Pendant toute cette aventure, nous avons dû nous adapter à un nouveau rythme, celui de nos chevaux, et comme autrefois, prendre en considération les aléas du temps et du relief.

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Nous suivions les GR, mais leur mauvaise signalisation nous aura joué bien des tours, car il nous a souvent fallu rebrousser chemin, ou alors forcer le passage à travers des bois clôturés, des champs de blé ou des prés à vaches (en ménageant la susceptibilité du taureau).
La traversée de Châteauroux en particulier reste un souvenir mémorable : nous nous étions un peu égarés en banlieue, dans ces zones d'activités où l'on retrouve toujours les mêmes enseignes, et des commerçants ébahis sortaient de leur grande surface pour regarder passer ces deux cavaliers avec tout leur bardat, voyageurs d'un autre temps...Cela me rappelait un peu le film "Les visiteurs"..!

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Saint-Nectaire, où nous avons fait rire les touristes japonais avec nos chevaux qui voulaient monter les marches de la basilique (certainement pour aller jeter un coup d'oeil aux splendides chapiteaux du 12 ème siècle !)

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Un p'tit couple bien sympathique en Auvergne...Alors que je cherchais un pré pour la nuit, ils avaient fini par me distraire dans ma "mission de reconnaissance" en m'invitant chez eux. Vous savez comment ça se passe : on papote, on sort le vin rouge, le pain, les fromages et le saucisson. Vingt minutes plus tard, je me suis soudain rappelé qu'Arianne m'attendait en tenant les chevaux sous la pluie !

Besse-en-Chandesse ( Puy-de-Dôme), dont certaines rues médiévales étonnement bien conservées sont de vrais décors de film.

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Le centre-ville, où j'ai pu faire l'expérience amusante de retirer de l'argent au distributeur avec mon cheval !

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La tête dans les bons fromages d'Auvergne...

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Le lac Pavin, près de notre gîte équestre, à la limite du Cantal. La France sauvage prend un petit air de Canada !

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Impossible bien sûr de résumer une telle aventure en quelques lignes, je l'ai raconté dans un journal de 70 pages...
Ce qui m'a le plus frappé, c'est la gentillesse des gens. A mon grand étonnement en effet, j'aurais pu constater que le sens de l'hospitalité et de la solidarité est encore bien présent dans nos campagnes. Le choc culturel en était d'autant plus rude à mon retour à Paris...

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