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    EXPEDITION AU KIRGHIZSTAN

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Le Kirghizstan est une ancienne république soviétique située à l'ouest de la Chine.

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Le pays est essentiellement montagneux et révèle une nature d'une étonnante beauté.

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Les selles kirghizes sont de fabrication assez sommaire puisqu'elles ne sont constituées en tout et pour tout que d'un arçon en bois d'un seul tenant recouvert de peau ou de tissu directement cloué dessus. Les "tchabanes" (bergers) ne prennent pas toujours la peine d'y rajouter une couverture. Il semble en effet que le confort soit une notion facultative pour eux...
Ces selles étant beaucoup trop rustiques pour des Occidentaux (!), notre randonnée s'effectue sur du matériel russe. Au début il est vrai, on est un peu sceptique devant ce siège de cuir tendu entre deux barres de fer. Mais en fin de compte, la couverture posée par-dessus rend cette selle russe assez confortable, et avantage non-négligeable, elle tient chaud aux fesses quand il fait froid !
                                                                                                          

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Le mot "yourte" vient du turc "yurt", qui désignait jadis le territoire sur lequel se déplaçaient les nomades. Par extension, ce terme repris par les russes ("jorta") en est venu à désigner le campement, puis la tente des peuples nomades d'Asie Centrale.

La yourte kirghize diffère sensiblement de la yourte mongole. Son toit plus conique peut atteindre jusqu'à 3 mètres de haut. La couverture extérieure de la yourte kirghize est souvent de laine beige ou grise, d'où son nom "boz uy", qui signifie "maison grise", tandis que la yourte mongole ("ger") est plus fréquemment recouverte d'une toile de coton blanc.

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Dans les alpages avec Urmat, l'un de mes guides.

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Un nomade rencontré dans les montagnes, tout droit sorti d'une aventure de Tintin.

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Lors d'un passage de col à 4000 mètres d'altitude, nous sommes surpris par un orage de montagne assez terrifant, le genre qui vous donne envie de rentrer sous terre.
Face aux grêlons, les chevaux se sont tous retournés en même temps, pour se protéger la tête; c'était une scène plutôt comique à voir.

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Comme les Indiens des Plaines en Amérique du Nord, les nomades d'Asie Centrale vivent dans un univers circulaire : leur habitation a donc la forme d'un rond, contrairement aux Européens qui vivent depuis toujours dans des maisons carrées. Les Russes, qui ont autrefois colonisé ces contrées, utilisaient plutôt des yourtes à angles sur le modèle de leur isba, comme ici sur la photo...

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Lorsqu'on est accueilli dans la yourte, on n'échappe pas à la séance immuable du thé ou du "koumiss" : cette boisson traditionnelle est du lait de jument fermenté dans une baratte. C'est alcoolisé, et pour le goût, il faut s'imaginer du petit lait de faisselle, mais en beaucoup plus aigre ! Dans les montagnes, on ne se nourrit quasiment que de koumiss, avec un peu de pain et de viande de mouton._68_

Traite des juments.

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La jument ne donne pas son lait aussi facilement qu'une vache. En effet, il faut laisser têter le poulain quelques secondes afin d'amorcer la lactation. Attachés en journée, les juments et leur poulain sont libérés en début de soirée jusqu'au lendemain matin.

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Avec l'un de mes autres guides, Sati, qui chassait la marmotte dans les alpages... Ce rongeur à une chair savoureuse dont le goût ressemble au lapin.

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Vestiges de l'ère soviétique.

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Kirghizstan


 

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Les chevaux locaux sont des Novo-Kirghizes, des Koshkore, ou des croisements de trotteurs Orlov et Don. Habitués à la montagne, ils sont très endurants en altitude car ils ont des rythmes cardiaques et respiratoires assez bas.

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Le "tunduk", l'ouverture dans le toit de la yourte, est un symbole qui figure sur le drapeau kirghize.

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Cimetière kirghize.

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Partie de "Oulak Tartish" avec une brebis décapitée (devant nous...)

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Ce jeu équestre pratiqué dans toute l'Asie Centrale depuis des siècles  a été dépeint magistralement par Joseph Kessel dans son oeuvre romanesque Les Cavaliers (1967). Plus connue sous son nom afghan "bozkachi", cette joute sauvage où tous les coups sont permis est la grande passion des bergers qui peuvent y jouer pendant des heures dans les montagnes. Accessoirement, c'est aussi une façon d'attendrir la viande du mouton décapité qui, une fois le jeu terminé, sera cuisiné pour tous.

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C'est peu dire que les Kirghizes ont une équitation autodidacte et fonctionnelle dont la rudesse est à des années-lumière des enseignements de La Guérinière ou des "chuchoteurs" américains. Ce n'est simplement pas la même culture que nous, et puis la brutalité existe aussi en Europe dans les écuries les plus réputées...

Par exemple, les Kirghizes sont tout le temps en train de tirer sur la bouche de leur cheval pour lui relever la tête, car c'est dans cette position qu'il le trouve beau et fier : comme je ne parle pas le russe, je ne pouvais pas leur expliquer que ce n'était pas bon pour leur dos et qu'il aurait fallu travailler leur cheval dans l'autre sens. De toute façon cela aurait été prétentieux, et aussi inutile puisque leurs chevaux en général ne font pas de vieux os. Passé un certain âge, ils finissent en ragoût car il faut comprendre que les Kirghizes doivent survivre dans une nature hostile et que dans leurs montagnes ils n'ont pas des supermarchés comme chez nous...

Autre exemple : les Kirghizes utilisent des cravaches assez sévères, faites de trois lanières de cuir tressées, fermées au bout par un noeud, le tout étant fixé à un manche en bois. Ils en usent et en abusent, de sorte qu'il est assez effroyable de les voir fouetter la croupe de leurs chevaux récalcitrants avec ces ustensiles.

Un jour que mon guide Sati marchait devant moi, son cheval s'était soudain campé sur ses quatre fers, refusant obstinément malgré quelques bons  coups de cravache de franchir un petit pont en bois complètement défoncé, seul passage pour traverser la rivière. Anticipant sur la réaction de mon cheval, qui avait également toutes les chances de prendre peur, j'ai sauté à terre pour passer en premier et lui prouver qu'il ne risquait rien sur ce pont. C'était du simple bon sens, et mon cheval n'a pas sourcillé, me suivant entre les crevasses comme s'il avait défilé sur les Champs-Elysées. Les cavaliers derrière nous ont aussi mis pied à terre, et Sati s'est vu obligé de les imiter. Je ne voulais pas lui faire perdre la face par une quelconque remarque, mais je n'étais pas peu fier de la différence de résultat entre une méthode brutale et une autre plus "naturelle".

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Au bord du lac Sonk-kul, après le plus long galop de ma vie : 45 minutes d'une chevauchée fantastique à travers les immenses prairies sauvages !

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Dans toute l'Asie Centrale, on pourrait faire des milliers de kilomètres sans voir une seule clôture de fils barbelés, et cela donne un sentiment grisant de liberté. Ceux qui ont déjà essayé de traverser la France à cheval me comprendront !!!


Une famille monte sa yourte près du lac.

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La  yourte  est  un  habitat  qui n'a pratiquement pas changé depuis plus de mille ans et qui est parfaitement adapté aux steppes d'Asie Centrale : frais l'été, chaud l'hiver, et facile à déménager.

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Les Kirghizes ont un grand sens de la famille et de l'hospitalité. C'est un peuple de nomades que les Soviétiques ont forcé à se sédentariser. Mais avec la chute du Communisme et l'accession à l'indépendance, les Kirghizes retournent de plus en plus vers leurs traditions. D'ailleurs, l'élevage dans les alpages d'été (jailoo) est bien souvent une des seules sources de revenus, y compris pour les jeunes qui ont fait des études supérieures...

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Jadis, quand les Kirghizes vivaient en tribus nomades, les mariages se passaient dans la tradition de "Ala Kachuu" ("prendre  et s'enfuir"). Les cavaliers d'Asie Centrale ont toujours pratiqué la razzia, et le vol de bétail était fréquent entre clans. De la même façon, les femmes n'ayant que peu de droits dans ces sociétés patriarcales, un jeune homme qui voulait prendre une épouse la kidnappait sur son cheval...

Dans les unions mutuellement consenties,  "Ala Kachuu" est toujours une coutume des festivités de mariage chez les familles rurales kirghizes.

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Interdits dans les années vingt par les Soviétiques, les mariages forcés ont fait leur réapparition dans les campagnes depuis l'indépendance du Kirghizstan en 1991. Pourtant illégale, cette tradition renaît surtout pour des raisons économiques, car elle permet d'éviter des frais de mariage auxquels il est difficile de faire face dans un pays durement touché par le chômage  et la pauvreté. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la plupart des femmes enlevées se résignent à épouser un inconnu sous la pression sociale et familiale.

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Le soir, nos chevaux sont entravés aux antérieurs avec des tresses de crins puis laissés libres dans la steppe. Aussi, le lendemain matin, il faut parfois aller les rechercher assez loin du campement. Malgré leurs entraves, les chevaux peuvent quand même galoper au ralenti, à pieds joints. Ils balancent leur tête de haut en bas comme des pantins et c'est assez risible à voir.

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Dans un geste d'amitié, ce jeune "tchabane" rencontré lors d'une ballade solitaire sur les rives du lac Sonk-Kul tenait à me faire monter sur sa maigre carne, équipée d'une selle kirghize : j'ai accepté pour lui faire plaisir mais je n'ai pas tenu très longtemps, l'inconfort était terrible !

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Sous Attila, et plus tard Gengis Khan, les cavaliers des steppes ont fait trembler le monde.

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Sayak, le petit cheval au grand coeur qui grimpait si courageusement sur les montagnes...

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