18/11/08

Journal de Tanzanie La Namibie en 4X4
Machine de compétition pour certains, miroir à vanité pour d'autres, le cheval a toujours eu pour moi une image d'aventure et d'évasion. Déjà tout jeune, dans mon manège de l'Ecole Militaire à Paris, je ne rêvais que de Guardians, de Cowboys, de Gauchos, de Mongols et de Cosaques... Alors dès que j'en ai eu la possibilité, j'ai sauté sur le cheval qui me trottait dans la tête pour aller découvrir les contrées lointaines...
SOMMAIRE
SAFARI EQUESTRE EN AFRIQUE DU SUD
LES CHEVAUX SAUVAGES DE NAMIBIE
CHEZ LES COWBOYS DU MONTANA
EXPEDITION AU KIRGHIZSTAN
TRANSHUMANCE EN ISLANDE
LA FRANCE EN DIAGONALE
" LE CUL SUR LA SELLE"
SAFARI EQUESTRE EN AFRIQUE DU SUD
La réserve où j'étais guide de safari est située aux environs d'Hoedspruit, à une cinquantaine de kilomètres du Parc National Kruger.
Le propriétaire de cette réserve privée ne détient pas le permis nécessaire pour pouvoir abriter les "Big Five" (lion, léopard, buffle, rhino, éléphant). L'absence de ces animaux dangereux permet de se promener à cheval en toute sécurité, bien que de temps en temps un lion, une hyène ou un léopard fréquentent les lieux la nuit en passant à travers les clôtures.
Phacochère femelle ( une seule paire de verrues sur la tête).
Vervet.
Nyala mâle.
Mangouste naine.
Zèbre de Burchell.
Impala mâle (les femelles sont dépourvues de cornes).
Les deux chevaux sont sur une termitière géante. Le trou devant moi a été creusé par un oryctérope, animal nocturne qui se nourrit ainsi de termites.
Koudou mâle.
Chacal à chabraque.
Gnou bleu.
Empreinte de léopard.
Duiker, ou céphalophe couronné, au milieu des pintades.
Temba, la guéparde de la réserve. Sauvée d'un piège puis soignée, elle a pu rester totalement sauvage.
"Caracal dam", un des trois points d'eau de la réserve. La chaîne du Drakensberg se profile dans le lointain.
Steenbok femelle (absence de cornes).
Calao à bec jaune.
Cobes à croissant.
Tour d'observation pour prendre l'apéritif en soirée avec les clients du lodge.
Vue depuis la tour sur les kopjes des alentours.
Crépuscule sur les montagnes du Drakensberg.
Babouin mâle.
Barbican promépic.
Devant le chalet où j'ai vécu deux mois.
Lecture de "South African Eden" de Stevenson-Hamilton" dans la tente-suite où j'ai passé quinze jours.
La terrasse de ma chambre pendant deux semaines, où venait me rendre visite les calaos, les phacochères, les vervets, les babouins, les girafes et les chevaux du lodge.
Un peu de piano au bar du lodge après une balade à cheval.
Petit déjeuner en bonne compagnie.
Nourrissage des herbivores de la réserve pour les aider à passer la fin de l'hiver.
Pour plus de détails : Guide en Afrique du Sud
LES CHEVAUX SAUVAGES DE NAMIBIE
Lors d'un séjour de plusieurs mois en Afrique australe, j'ai pu réaliser un vieux rêve en allant photographier les chevaux sauvages du Namib.
Il n'y a jamais eu de chevaux en Afrique australe avant leur introduction par les colons européens au 17ème siècle. Les chevaux sauvages du Namib sont dits féraux, c'est-à-dire qu'ils descendent de chevaux domestiqués revenus à l'état sauvage, tout comme les Mustangs d'Amérique du Nord.
Il y a plusieurs théories sur l'origine des chevaux du Namib. On ne saura jamais dire avec exactitude depuis combien de temps ils sont apparus dans ce coin de désert d'environ 350 km2, mais on s'accorde à dire qu'ils sont là depuis l'époque allemande.
Une version parfois avancée est celle d'un navire à destination de l'Australie qui se serait échoué à la fin du 19 ème siècle près de l'estuaire de la rivière Orange, laissant s'échapper un groupe de pur-sangs dans la nature. Néanmoins, il faut garder à l'esprit que 200 km de désert séparent Garub de cet estuaire, un saut dans l'inconnu que ne feraient pas des chevaux domestiques, lesquels ont plutôt pour habitude de rester aux endroits qu'ils connaissent.
Une autre hypothèse est celle de la propriété de Duwisib, à 250 km au nord-est de Garub. Un riche aristocrate allemand, Hansheinrich von Wolf, y élevait en effet des chevaux (jusqu'à 350 en 1911), destinés à la remonte de la Schutztruppe. Après son retour en Europe et sa mort durant la Première Guerre Mondiale, sa ferme aurait été pillée puis laissée à l'abandon. Ces circonstances auraient permis aux chevaux de Duwisib de reprendre leur liberté (c'est d'ailleurs la version du film "Crinière au vent", écrit et produit par Jean-Jacques Annaud). Cette histoire romantique semble pourtant infondée car un manager était présent à l'époque à Duwisib, et les livres de comptes ne mentionnent aucune perte de chevaux avant 1940. Or la présence des chevaux sauvages est attestée dès les années 1920. De plus, tout comme dans l'hypothèse précédente, la distance entre Duwisib et Garub est trop importante pour avoir été parcourue par des chevaux domestiques. J'ai d'ailleurs pu constater par moi-même que la région de Duwisib étaient bien plus hospitalières que celles de Garub. Des chevaux qui se seraient échappés de la ferme de von Wolf seraient à mon avis restés dans les environs.
Le château de Duwisib.
Les chevaux du Namib ne peuvent être issus que d'un groupe perdu ou abandonné dans les environs de Garub ou de Aus. En l'occurence, les chevaux actuels présentent une variété de caractéristiques qui laisse à penser que le groupe originel était relativement important. Il est plus plausible de prendre en compte un ensemble de facteurs survenus lors de la Première Guerre Mondiale.
En Mars 1915, les forces coloniales allemandes disposent d'environ 2000 chevaux dans la région de Aus pour défendre le territoire de la Deutsch-Südwestafrika. Les troupes sud-africaines pénétrent alors dans l'intérieur des terres depuis Lüderitz avec 10000 soldats et 6000 chevaux. Devant l'avance de cet ennemi bien supérieur en nombre, les Allemands battent en retraite. Il se pourrait qu'ils aient abandonné derrière eux un certain nombre de chevaux. Cette théorie est toutefois nuancée par le fait que la retraite allemande se serait passée en bon ordre.
Chevaux des forces coloniales allemandes (Schuztruppe) dans les environ de Aus.
Le 27 Mars 1915, le lieutenant allemand Fiedler décolle à bord de son biplan Roland et lâche plusieurs bombes sur le camp de l'armée sud-africaine établit à Garub. Les quelques 1700 chevaux qui pâturaient tranquillement se dispersent aux quatre vents dans un grand nuage de poussière. Talonnant les troupes allemandes, les Sud-Africains ne se soucieront guère de retrouver la totalité des chevaux manquants.
Une troisième possibilité concerne le haras à Kubub, à 30 km au sud de Aus. Le maire de Lüderitz, Emil Kreplin, y élève jusqu'au début de la guerre des chevaux pour les courses et pour le travail dans les mines de diamants. En 1914, les civils de la région sont évacués et les chevaux du haras abandonnés à leur propre sort. Des photos d'époque montrent de grandes similarités entre les chevaux de Kubub et ceux qui vivent aujourd'hui dans le parc national Namib-Naukluft. Les caractéristiques les plus communément présentes sont celles que l'on peut trouver chez les Kap-Boerperds, les Hackneys et les Trakehners.
En conclusion, il est fort probable que les chevaux du Namib soient issus à la fois des forces allemandes, des troupes sud-africaines et du haras de Kreplin. Etant donné qu'il n'y avait pas de clôtures à l'époque, les chevaux ayant retrouvé leur liberté ont suivi leur instinct grégaire et se sont regroupés dans la région de Aus, où se trouvent quelques points d'eau naturels. Il est possible qu'ils aient été rejoints par d'autres chevaux abandonnés avec l'avènement de l'automobile ou durant la Grande Dépression des années 1930.
Après la découverte de diamants près de Lüderitz, la zone interdite (Sperrgebiet) est étendue en 1909 à la région de Garub. Pendant l'occupation sud-africaine, la zone est confiée à la compagnie minière CDM (Consolidated Diamond Mines) qui maintient l'application de l'interdiction jusqu'en 1986, date de création du parc Namib-Naukluft. Grâce à cette restriction d'accès, les chevaux de Garub ont pu vivre jusqu'à aujourd'hui dans un territoire épargné par les activités humaines.
Malgré leur extraordinaire adaptation aux rudes conditions du désert, les chevaux du Namib n'auraient jamais pu survivre sans l'abreuvoir artificiel de Garub. La compagnie CDM a maintenu le bon fonctionnement du pompage pendant des décennies en sachant apparemment à qui il profitait le plus.
La B4, entre Aus et Lüderitz, qui traverse la région où vivent les chevaux sauvages du Namib.
Cicatrices infligées lors des combats entre étalons.
Les chevaux sauvages vivent en hardes d'une dizaine d'individus ou plus, comprenant un ou deux étalons, quelques juments et leurs poulains. Les jeunes étalons se rassemblent également de manière temporaire. Les groupes sont dirigés par une jument et protégés par un étalon, parfois deux. La jument comme l'étalon peuvent chacun leur tour assumer le rôle de leader. Ce dernier décide quand il faut aller s'abreuver ou chercher de nouveaux pâturages. La jument défend elle-même son poulain si un prédateur s'approche de sa progéniture. Dans d'autres circonstances, c'est l'étalon qui interviendra.
La hiérarchie n'est pas très importante chez ces chevaux sauvages, et les combats sont plutôt rares. La raison en est qu'il n'y a pas de compétition dans cet environnement : la nourriture est répartie de manière équivalente dans le vaste désert du Namib, et l'eau est disponible en quantité suffisante à deux abreuvoirs artificiels, où de plus les chevaux se rendent à des heures différentes. Enfin, c'est la jument qui choisit son partenaire, et si celle-ci ne désire pas s'accoupler, les combats entre étalons sont sans effet.
Les chevaux sauvages du Namib sont étudiés scientifiquement depuis 1993. Dans le passé, leur nombre a varié entre 60 et 300 suivant la quantité et la qualité des herbages disponibles. Ces dernières années, leur population s'est stabilisé entre 90 et 150. En période de sécheresse, les chevaux couvrent de grandes distances pour se nourrir et jouent rarement. Au contraire des chevaux domestiques, la soif ne leur cause pas de stress particulier. Lorsque les pluies font apparaître de nouveaux herbages, les chevaux adoptent un mode de vie plus serein : ils pâturent la nuit, restent à proximité des points d'eau où ils vont boire tous les jours, et passent l'essentiel de leur temps à se reposer ou à jouer.
Ces chevaux ayant été importés, ils sont des intrus dans les étendues sauvages du Namib. Toutefois, selon une étude de la biologiste Telané Greyling qui a été rendue public en 2005, il semble qu'ils ne constituent de menace ni pour les 500 plantes du fragile biome du Nama Karoo, ni pour la faune indigène comme les autruches, les gemsboks ou les springboks. Ils ne se nourrissent que d'herbe, occasionnellement de buissons, et vivent dans un territoire relativement restreint, laissant tout le désert aux autres animaux pour rester à proximité de l'eau.
Le flehmen est une attitude caractéristique des équidés, des félins et de certains ruminants qui utilisent l'organe de Jacobson situé sur le palais pour détecter les phéromones ou certaines odeurs.
Près de Garub, un abreuvoir artificiel profite aussi bien aux chevaux qu'aux autres animaux du désert. C'est le seul point d'eau permanent de la région, alimenté par un puit à 4 km de là. Durant l'été austral (Novembre-Mars), lorsque les températures dépassent souvent 30° Celsius, les chevaux vont boire toutes les 30h environ. En hiver par contre (Mai-Septembre), quand les températures sont plus clémentes (en-dessous de 22° Celsius), ils peuvent se passer de boire pendant 72h.
La coprophagie est une pratique courante chez les chevaux du Namib.
En plus de l'herbe du désert, les chevaux mangent leur crottin ou celui de leurs congénères, absorbant ainsi des nutriments non digérés. Leurs excréments contiennent trois plus de lipides (1,99 %) que l'herbe sèche des environs (0,7%), et deux fois plus de protéines (6,1 % contre 3,1 %). La coprophagie est donc une supplémentation alimentaire très utile dans un environnement pauvre : le rapport est de presque 1kg de crottin pour 7 kg d'herbe.
Les pieds sont parés naturellement par l'abrasion du sable et des cailloux. Je n'ai pas vu de seimes sur une centaine de chevaux inspectés rapidement, et d'une manière générale, j'ai constaté qu'ils avaient les pieds en assez bon état. La sécheresse de l'environnement a l'avantage d'éviter tout pourissement de la sole et de la fourchette, comme c'est le cas de beaucoup de chevaux en box qui piétinent dans une litière ammoniaquée par l'urine, ou de chevaux qui passent l'hiver dans un pré humide.
Les critères esthétiques des concours de modèles et allures ne sont pas toujours ceux de la nature...
Les poulains sont soumis à une importante mortalité. 40 % d'entre eux n'atteignent pas l'âge adulte dans les difficiles conditions du désert du Namib. Ils doivent être capables de suivre la harde presque immédiatement après leur naissance, car les juments sont rassemblées par les étalons et ne sont pas autorisées à retarder le groupe. Les poulains sont parfois la proie de quelques hyènes brunes, guépards ou léopards qui errent dans la région, et en période de sécheresse, ils doivent parcourir de grandes distances qui les épuisent et leur sont parfois fatales.
L'isolement dans lequel ont vécu les chevaux du Namib pendant près d'un siècle a entraîné une certaine consanguinité. Pourtant, ces chevaux sont d'une incroyable résistance, résultat d'une sélection naturelle qui élimine les faibles et ne garde que les sujets dôtés du meilleur patrimoine génétique. L'étude de prélèvements sanguins soulève d'ailleurs la possibilité que ces chevaux aient muté pour pouvoir survivre dans un environnement aussi inhospitalier.
Les conditions désertiques n'ont pas que des désavantages : les chevaux du Namib ont peu de parasites.
Les Hommes ont une responsabilité envers ces chevaux sauvages qu'ils ont amenés d'Europe pour leur propre usage avant de les abandonner dans ces contrées hostiles. La controverse sur l'impact de cette espèce étrangère n'ayant pas lieu d'être, les autorités namibiennes ont adoptée de nos jours une gestion cohérente du problème en tirant les leçons de quelques erreurs du passé (comme la capture et la vente d'une centaine de chevaux sans sélection d'âge ni de sexe lors de la grande sécheresse de 1992).
Des études prenant en compte les pluies et les herbages ont établie que le chiffre de 130 chevaux était celui qui assurerait le meilleur équilibre avec les ressources limitées du petit territoire où peuvent vivre ces équidés, des fluctuations à brève échéance pouvant osciller entre 80 et 180. En période de grave sécheresse, comme celle de 1992 qui a fait une quarantaine de victimes, les chevaux sont nourris avec de la luzerne, et en cas de surpopulation, un nombre déterminé de jeunes entre 2 et 4 ans (ceux qui n'ont pas de liens sociaux trop anciens avec leur groupe) sera relocalisé plus au sud à Aussenkehr, sur des terres qui leur sont attribuée près de la frontière sud-africaine.
Voir également : La Namibie en 4X4
15/05/07
CHEZ LES COWBOYS DU MONTANA
Pour se rendre au Schively ranch, il faut entrer dans un territoire appartenant aux Indiens Crow, traverser une réserve de Mustangs (Wild Horse Range), puis rouler pas moins de deux heures en 4X4 sur des pistes poussièreuses en contournant le magnifique canyon de Bighorn...
Tous les matins vers 7h, une "remuda" pâturant en prairie est ramenée au ranch. Dans le corral, Jake atttribue à chacun sa monture de la journée en l'attrapant au lasso.
Le Schively Ranch élève environ 1200 têtes de bétail de race Black Angus destinées à produire une viande de qualité.
J'ai pu me rendre compte combien les chiens étaient essentiels dans le travail avec le bétail.
L'immensité du ranch laisse pantois. Où que l'on regarde, on a cette impression d'espace infini qui contraste avec la petite Europe. Le Montana est d'ailleurs surnommé "Big Sky Country", le "Pays au Grand Ciel".
Beaucoup de chats au ranch finissent croqués par les coyottes...
Les selles américaines sont sans surprise : confortables. La corne (horn) à l'avant est rassurante car l'on peut s'y raccrocher au cas où l'on perdrait l'équilibre. En guise d'étrivières, de larges "fenders" permettent même, avec un bon jean Wrangler, de trotter enlevé et de galoper en équilibre comme en équitation classique, sans se brûler les mollets au 3ème degré...
Ike et son jeune chien Rascal, qui était fatigué de marcher.
Le travail de cowboy est difficile, mal payé, et le plus souvent saisonnier, d'avril à novembre. Nourri-logé, Ike me confie qu'il gagne environ 1000 dollars nets par mois.
Jessy, la femme de Jake.
Les cowboys ne sont pas des grands bavards. Ils mènent une vie simple, presque austère, et ne sortent que rarement de leur ranch. D'esprit religieux, ils ne mangent pas avant d'avoir fait leur bénédicité. Les discussions restent généralement cantonnées au quotidien du ranch. On est bien loin de l'agitation du monde, dont on a que faire.

La plupart du temps, ils n'ont pas poussé leurs études très loin. Jake me dit un jour qu' il n'aimait pas beaucoup l'école parce qu'on n'y parlait pas assez de chevaux...
Habituellement, on est "rancher" de père en fils, et pour accepter toutes les rigueurs de la profession, il faut certainement avoir été élevé dans la ferme familiale : tôt levé, tôt couché, et en selle toute la journée, six jours sur sept, sous une chaleur accablante l'été et dans le froid glacial l'hiver : "Pour être un bon cowboy, m'explique Jake en plaisantant, il faut deux choses : être dur, et idiot !" ( You need two things to be a cowboy : to be tough, and dumb !)
Dans les montagnes du ranch, peu après avoir croisé un jeune ours noir. Les environs abritent également des pronghorns, des coyottes et des crotales...
Ike et ses chiens, lors d'une pause pour le repas de midi.
Réparation de clôtures.
En 1874, l'Américain Joseph Glidden déposait le brevet du fil de fer barbelé et construisait la première machine capable de le produire en quantité industrielle.
L'apparition des clôtures dans les prairies de l'Ouest américain allait sonner le glas des pâturages libres (open range), mettant ainsi fin à la brève épopée des cowboys et de leurs immenses convois de bétail vers les "cattletowns" comme Abilene ou Dodge City.

En l'absence d'arbres dans la prairie, les chiens prennent l'habitude de se protéger du soleil impitoyable de l'été à l'ombre des chevaux !
Le costume des cowboys n'a rien de fantaisiste. Chaque élément de sa tenue répond à une utilité bien précise.
Le chapeau à larges bords protège du soleil, de la pluie et des branches basses, tandis que le foulard attaché sur le visage préserve de la poussière.
Le jean à la solide toile "de Nîmes" résiste à l'usure de la selle.
La chemise évite les coups de soleil, et les gants la brûlure du lasso au bout duquel se débat le veau.
Dans son gilet aux nombreuses poches, le cowboy peut ranger ses allumettes, son tabac, ses clous, son couteau pliant...
Les bottes à hauts talons permettent de bloquer le pied dans l'étrier, et les éperons à mollettes ne blessent pas les flancs des chevaux
Enfin, les "chaps" tiennent chaud en hiver et offrent une bonne protection contre les égratignures des buissons, ou même les morsures de crotales.
Les chevaux élevés au ranch vivent en liberté dans les montagnes, et ils ne se laissent pas rassembler aussi facilement que des vaches !
Nous devions ramener ce troupeau au ranch pour séparer l'étalon des juments, mais il nous aura fallut deux jours pour le localiser.
En apercevant au loin les chevaux, Jake est resté pensif un bon moment, et je ne comprenais pas pourquoi il réfléchissait tant. Comme je le questionnais, il a fini par m'expliquer qu'un rien suffirait à faire détaler le troupeau et qu'il pouvait "se retrouver derrière la montagne avant même que tu n'y penses".
Jake connaissait son affaire, et il a fait un grand détour pour prendre les chevaux à revers. Nous n'avions plus qu'à les arrêter dans le calme en bas de la montagne.
C'était assez amusant d'attendre sur nos Quarter Horses dans le silence de la prairie. Cela me faisait penser un peu à une bande de "desesperados" qui guettaient le passage de la diligence...
Hi, cowgirl...
Pour continuer le voyage : Go West
EXPEDITION AU KIRGHIZSTAN
Le Kirghizstan est une ancienne république soviétique située à l'ouest de la Chine.
Le pays est essentiellement montagneux et révèle une nature d'une étonnante beauté.
Les selles kirghizes sont de fabrication assez sommaire puisqu'elles ne sont constituées en tout et pour tout que d'un arçon en bois d'un seul tenant recouvert de peau ou de tissu directement cloué dessus. Les "tchabanes" (bergers) ne prennent pas toujours la peine d'y rajouter une couverture. Il semble en effet que le confort soit une notion facultative pour eux...
Ces selles étant beaucoup trop rustiques pour des Occidentaux (!), notre randonnée s'effectue sur du matériel russe. Au début il est vrai, on est un peu sceptique devant ce siège de cuir tendu entre deux barres de fer. Mais en fin de compte, la couverture posée par-dessus rend cette selle russe assez confortable, et avantage non-négligeable, elle tient chaud aux fesses quand il fait froid !
Le mot "yourte" vient du turc "yurt", qui désignait jadis le territoire sur lequel se déplaçaient les nomades. Par extension, ce terme repris par les russes ("jorta") en est venu à désigner le campement, puis la tente des peuples nomades d'Asie Centrale.
La yourte kirghize diffère sensiblement de la yourte mongole. Son toit plus conique peut atteindre jusqu'à 3 mètres de haut. La couverture extérieure de la yourte kirghize est souvent de laine beige ou grise, d'où son nom "boz uy", qui signifie "maison grise", tandis que la yourte mongole ("ger") est plus fréquemment recouverte d'une toile de coton blanc.
Dans les alpages avec Urmat, l'un de mes guides.
Un nomade rencontré dans les montagnes, tout droit sorti d'une aventure de Tintin.
Traversée d'un canyon qui n'était pas sans me rappeler l'Arizona.
Lors d'un passage de col à 4000 mètres d'altitude, nous sommes surpris par un orage de montagne assez terrifant, le genre qui vous donne envie de rentrer sous terre.
Face aux grêlons, les chevaux se sont tous retournés en même temps, pour se protéger la tête; c'était une scène plutôt comique à voir.
Comme les Indiens des Plaines en Amérique du Nord, les nomades d'Asie Centrale vivent dans un univers circulaire : leur habitation a donc la forme d'un rond, contrairement aux Européens qui vivent depuis toujours dans des maisons carrées. Les Russes, qui ont autrefois colonisé ces contrées, utilisaient plutôt des yourtes à angles sur le modèle de leur isba, comme ici sur la photo...
Lorsqu'on est accueilli dans la yourte, on n'échappe pas à la séance immuable du thé ou du "koumiss" : cette boisson traditionnelle est du lait de jument fermenté dans une baratte. C'est alcoolisé, et pour le goût, il faut s'imaginer du petit lait de faisselle, mais en beaucoup plus aigre ! Dans les montagnes, on ne se nourrit quasiment que de koumiss, avec un peu de pain et de viande de mouton.
Traite des juments.
La jument ne donne pas son lait aussi facilement qu'une vache. En effet, il faut laisser têter le poulain quelques secondes afin d'amorcer la lactation. Attachés en journée, les juments et leur poulain sont libérés en début de soirée jusqu'au lendemain matin.
Avec l'un de mes autres guides, Sati, qui chassait la marmotte dans les alpages... Ce rongeur à une chair savoureuse dont le goût ressemble au lapin.
Vestiges de l'ère soviétique.


Les chevaux locaux sont des Novo-Kirghizes, des Koshkore, ou des croisements de trotteurs Orlov et Don. Habitués à la montagne, ils sont très endurants en altitude car ils ont des rythmes cardiaques et respiratoires assez bas.
Le "tunduk", l'ouverture dans le toit de la yourte, est un symbole qui figure sur le drapeau kirghize.
Avec leurs belles tombes à minanets, les cimetières kirghizes sont dignes des Contes des Mille et une nuits.
Partie de "Oulak Tartish" avec une brebis décapitée (devant nous...)
Ce jeu équestre pratiqué dans toute l'Asie Centrale depuis des siècles a été dépeint magistralement par Joseph Kessel dans son oeuvre romanesque Les Cavaliers (1967). Plus connue sous son nom afghan "bozkachi", cette joute sauvage où tous les coups sont permis est la grande passion des bergers qui peuvent y jouer pendant des heures dans les montagnes. Accessoirement, c'est aussi une façon d'attendrir la viande du mouton décapité qui, une fois le jeu terminé, sera cuisiné pour tous.
C'est peu dire que les Kirghizes ont une équitation autodidacte et fonctionnelle dont la rudesse est à des années-lumière des enseignements de La Guérinière ou des "chuchoteurs" américains. Ce n'est simplement pas la même culture que nous, et puis la brutalité existe aussi en Europe dans les écuries les plus réputées...
Par exemple, les Kirghizes sont tout le temps en train de tirer sur la bouche de leur cheval pour lui relever la tête, car c'est dans cette position qu'il le trouve beau et fier : comme je ne parle pas le russe, je ne pouvais pas leur expliquer que ce n'était pas bon pour leur dos et qu'il aurait fallu travailler leur cheval dans l'autre sens. De toute façon cela aurait été prétentieux, et aussi inutile puisque leurs chevaux en général ne font pas de vieux os. Passé un certain âge, ils finissent en ragoût car il faut comprendre que les Kirghizes doivent survivre dans une nature hostile et que dans leurs montagnes ils n'ont pas des supermarchés comme chez nous...
Autre exemple : les Kirghizes utilisent des cravaches assez sévères, faites de trois lanières de cuir tressées, fermées au bout par un noeud, le tout étant fixé à un manche en bois. Ils en usent et abusent, et c'est assez effroyable de les voir fouetter la croupe de leurs chevaux récalcitrants avec ces ustensiles.
Un jour que mon guide Sati marchait devant moi, son cheval s'était soudain campé sur ses quatre fers, refusant obstinément malgré quelques bons coups de cravache de franchir un petit pont en bois complètement défoncé, seul passage pour traverser la rivière. Anticipant sur la réaction de mon cheval, qui avait également toutes les chances de prendre peur, j'ai sauté à terre pour passer en premier et lui prouver qu'il ne risquait rien sur ce pont. C'était du simple bon sens, et mon cheval n'a pas sourcillé, me suivant entre les crevasses comme s'il avait défilé sur les Champs-Elysées. Les cavaliers derrière nous ont aussi mis pied à terre, et Sati s'est vu obligé de les imiter. Je ne voulais pas lui faire perdre la face par une quelconque remarque, mais je n'étais pas peu fier de la différence de résultat entre une méthode brutale et une autre plus "naturelle".
Au bord du lac Sonk-kul, après le plus long galop de ma vie : 45 minutes d'une chevauchée fantastique à travers les immenses prairies sauvages !
Dans toute l'Asie Centrale, on pourrait faire des milliers de kilomètres sans voir une seule clôture de fils barbelés, et cela donne un sentiment grisant de liberté. Ceux qui ont déjà essayé de traverser la France à cheval me comprendront !!!
Une famille monte sa yourte près du lac.
La yourte est un habitat qui n'a pratiquement pas changé depuis plus de mille ans et qui est parfaitement adapté aux steppes d'Asie Centrale : frais l'été, chaud l'hiver, et facile à déménager.
Les Kirghizes ont un grand sens de la famille et de l'hospitalité. C'est un peuple de nomades que les Soviétiques ont forcé à se sédentariser. Mais avec la chute du Communisme et l'accession à l'indépendance, les Kirghizes retournent de plus en plus vers leurs traditions. D'ailleurs, l'élevage dans les alpages d'été (jailoo) est bien souvent une des seules sources de revenus, y compris pour les jeunes qui ont fait des études supérieures...
Jadis, quand les Kirghizes vivaient en tribus nomades, les mariages se passaient dans la tradition de "Ala Kachuu" ("prendre et s'enfuir"). Les cavaliers d'Asie Centrale ont toujours pratiqué la razzia, et le vol de bétail était fréquent entre clans. De la même façon, les femmes n'ayant que peu de droits dans ces sociétés patriarcales, un jeune homme qui voulait prendre une épouse la kidnappait sur son cheval...
Dans les unions mutuellement consenties, "Ala Kachuu" est toujours une coutume des festivités de mariage chez les familles rurales kirghizes.
Interdits dans les années vingt par les Soviétiques, les mariages forcés ont fait leur réapparition dans les campagnes depuis l'indépendance du Kirghizstan en 1991. Pourtant illégale, cette tradition renaît surtout pour des raisons économiques, car elle permet d'éviter des frais de mariage auxquels il est difficile de faire face dans un pays durement touché par le chômage et la pauvreté. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la plupart des femmes enlevées se résignent à épouser un inconnu sous la pression sociale et familiale.
Le soir, nos chevaux sont entravés aux antérieurs avec des tresses de crins puis laissés libres dans la steppe. Aussi, le lendemain matin, il faut parfois aller les rechercher assez loin du campement. Malgré leurs entraves, les chevaux peuvent quand même galoper au ralenti, à pieds joints. Ils balancent leur tête de haut en bas comme des pantins et c'est assez risible à voir.
Dans un geste d'amitié, ce jeune "tchabane" rencontré lors d'une ballade solitaire sur les rives du lac Sonk-Kul tenait à me faire monter sur sa maigre carne, équipée d'une selle kirghize : j'ai accepté pour lui faire plaisir mais je n'ai pas tenu très longtemps, l'inconfort était terrible !
Sous Attila, et plus tard Gengis Khan, les cavaliers des steppes ont fait trembler le monde.
Sayak, le petit cheval au grand coeur qui grimpait si courageusement sur les montagnes...
TRANSHUMANCE EN ISLANDE
Durant cette randonnée d'environ 200 km du nord au sud de l'île avec un troupeau d'une cinquantaine de chevaux, nous suivons la voie Kjolür qu'empruntaient déjà les cavaliers vikings il y a plus de mille ans, notamment pour se rendre à l'Althing, le parlement annuel des Islandais qui se tenait dans les falaises de Thingvellir.
Arrivée à l'étape de notre troupeau.
L'Islandais est le cheval d'extérieur par excellence. Très rustique, il est capable de se débrouiller seul l'hiver sur l'île. Je le trouve particulièrement esthétique au tölt, lorsqu'il prend des poses élancées, la crinière au vent. C'est un cheval qui a du sang tout en ayant un caractère calme. Le pied très sûr, il a la réputation de ne pas trébucher, aussi bien dans la terre que dans le sable ou les champs de lave...
Le site géothermique de Hveravellir, dans le centre de l'Islande.
Bain dans des sources chaudes.
Le nom de Hveravellir est associé à l'histoire tragique d'Eyvindur (1714-1783), très connue en Islande. Dans les années 1760, Eyvindur est condamné à s'engager dans l'armée danoise pour avoir volé une motte de beurre. Préférant s'enfuir, il se cache un temps dans les fjords du Nord-Ouest avec sa femme Halla. Dénoncé par les habitants des environs, le couple doit s'enfuir à nouveau pour échapper à la justice. Eyvindur s'installe alors à Hveravellir et y survivent pendant deux en chassant des oiseaux et en volant des moutons aux fermiers de la région. Les sources chaudes du site leur permettent notamment de faire cuire leur nourriture ou de prendre des bains. Halla met au monde plusieurs enfants durant cette période, mais voulant leur épargner une vie misérable de bannis, Eyvindur dépose à chaque fois les nouveaux-nés devant la porte d'une ferme.
La grotte où Eyvindur trouvait refuge avec sa femme à Hveravellir.
Au bout de vingt ans de fuite, le couple finit par se séparer. Un pasteur recueille Halla qui reste muette jusqu'au jour de sa mort où elle s'écrit : "Mon Dieu, que la montagne est belle !".
L'histoire d'Eyvindur est bientôt connue dans le pays tout entier. En l'apprenant, le gouverneur danois décide de grâcier Eyvindur. Celui-ci n'en saura probablement jamais rien. Ignorant également la mort de sa femme, il continuera d'errer plusieurs années dans les hautes terres. Alors surnommé Fjalla Eyvindur (Eyvindur des Montagnes), ce proscrit allait devenir un héros national en Islande.
L'Islande est une terre de contrastes. Les paysages, toujours très spectaculaires, passent de la prairie aux champs de lave, des glaciers aux geysers, de la montagne à la mer, du désert aux chutes d'eau... Pour se déplacer à travers cette nature hostile, les Islandais réhaussent leur 4x4 avec des roues de camion parfois énormes, ce qui leur permet de traverser les rivières, car la plupart des routes du pays ne sont que des chemins de terre.
Ma rencontre avec une jolie blonde !
La selle islandaise a un siège rembourré qui assurent un certain confort tout au long de la randonnée. De longs quartiers et une large ouverture de garrot donnent une bonne tenue sur le petit cheval islandais. Une autre particularité de cette selle est que l'on peut passer les étrivières par-dessus ou par-dessous les quartiers.
La petite maison dans la prairie...
Lors d'une pause avec Mösi, vieux routier à la belle robe cendrée.
Les chutes de Gullfoss, au sud-ouest de l'île, dans la région de Rekjavik.
Le site de Thingvellir, vu des gorges où se tenait jadis le parlement des Islandais, le plus ancien du monde occidental puisqu'il fut instauré en l'an 930.
LA FRANCE EN DIAGONALE
Le but de cette randonnée était d'amener deux chevaux qui séjournaient dans un pré en Normandie, près de la baie du Mont Saint-Michel, jusqu'à un village de la Drôme, Dieulefit, où avait déménagé leur propriétaire, soit un voyage de plus de 1000 km en 3 mois.
Le cheval a un grand capital de sympathie, et tous les soirs nous n'avions pas trop de mal à trouver un pré pour nos montures et un coin pour planter la tente. Bien souvent aussi, des gens étonnés par notre voyage au long cours nous hébergaient gracieusement chez eux. Certains nous ont prêté leur voiture, d'autres nous ont confié les clés de leur maison en leur absence, et nous avons même été invités à dîner à une fête de mariage...
Nos aventures dans le journal...
Perdus dans la Beauce...Traverser ces cultures étaient un cas de force majeure, mais qui n'a jamais galopé dans un champ de blé ne connait rien à la vie !
Le château fort de Sarzay, dans le Berry, où nous avons fait étape pendant trois jours.
C'est un ancien employé d'EDF qui a racheté ce fort dans les années 1980 pour le prix d'une maison neuve en province. Entré en conflit avec les Monuments Historiques, il tente de restaurer par lui-même ce fleuron du Haut Moyen-Age.
La devise du château a attirée mon attention et je l'ai noté pour m'en souvenir : Audaces fortuna juvat, Timidosque repellit (la fortune sourit aux audacieux et repousse les timides).
Arrivée dans la Creuse.
Eliott, le petit rouquin qui chapardait le pain dans les sacoches, et Trinicat, le cheval le plus brave du monde (ce serait un peu long d'expliquer pourquoi...)
En Auvergne, lors d'une journée de repos pour les chevaux, Arianne et moi avions décidé de faire une randonnée à pied sur le Puy de Dôme. Le soleil avait été radieux toute la journée, mais en fin d'après-midi, alors que nous nous promenions sur le mont Pariou, nous avons été surpris par un orage aussi bref que titanesque...
C'est sans conteste la plus grosse frayeur de ma vie, car je n'exagère pas en disant que nous zigzaguions entre la foudre !
Après une course éperdue sous le déluge (en quelques minutes, un chemin avait été transformé en rivière), nous avons fini par trouver refuge dans le van à mouton d'une bergerie de montagne. La scène était plutôt incongrue : nous étions trempés jusqu'aux os, grelottant de froid, et j'essorais mes vêtements en compagnie d'une demoiselle en petite tenue que je ne connaissais que depuis une semaine !
Dernier regard vers le Puy de Dôme où la veille nous avons bien cru périr foudroyés...
A notre époque où nous avons pris l'habitude d'être toujours pressé, c'est une sensation inhabituelle que de voir le paysage changer lentement au fil des jours. En voyageant ainsi sur les petits chemins de France, on peut admirer des paysages préservés et pittoresques, qu'assurément on ne pourra jamais voir en voiture sur les grands axes de circulation...
Voyager à cheval est anachronique si seule l'arrivée importe. Pour avaler les kilomètres en effet, il y a de nos jours des moyens de transport beaucoup plus productifs. Or tel n'était pas notre but puisque le voyage en lui-même était tout aussi important que la destination.
"Qui veut aller loin ménage sa monture", dit le proverbe, et nos étapes journalières dépassaient rarement les 40 km. Pendant toute cette aventure, nous avons dû nous adapter à un nouveau rythme, celui de nos chevaux, et comme autrefois, prendre en considération les aléas du temps et du relief.
Nous suivions les GR, mais leur mauvaise signalisation nous aura joué bien des tours, car il nous a souvent fallu rebrousser chemin, ou alors forcer le passage à travers des bois clôturés, des champs de blé ou des prés à vaches (en ménageant la susceptibilité du taureau).
La traversée de Châteauroux en particulier reste un souvenir mémorable : nous nous étions un peu égarés en banlieue, dans ces zones d'activités où l'on retrouve toujours les mêmes enseignes, et des commerçants ébahis sortaient de leur grande surface pour regarder passer ces deux cavaliers avec tout leur bardat, voyageurs d'un autre temps...Cela me rappelait un peu le film "Les visiteurs"..!
Saint-Nectaire, où nous avons fait rire les touristes japonais avec nos chevaux qui voulaient monter les marches de la basilique (certainement pour aller jeter un coup d'oeil aux splendides chapiteaux du 12 ème siècle !)
Un p'tit couple bien sympathique en Auvergne...Alors que je cherchais un pré pour la nuit, ils avaient fini par me distraire dans ma "mission de reconnaissance" en m'invitant chez eux. Vous savez comment ça se passe : on papote, on sort le vin rouge, le pain, les fromages et le saucisson. Vingt minutes plus tard, je me suis soudain rappelé qu'Arianne m'attendait en tenant les chevaux sous la pluie !
Besse-en-Chandesse ( Puy-de-Dôme), dont certaines rues médiévales étonnement bien conservées sont de vrais décors de film.
Le centre-ville, où j'ai pu faire l'expérience amusante de retirer de l'argent au distributeur avec mon cheval !
La tête dans les bons fromages d'Auvergne...
Le lac Pavin, près de notre gîte équestre, à la limite du Cantal. La France sauvage prend un petit air de Canada !
Impossible bien sûr de résumer une telle aventure en quelques lignes, je l'ai raconté dans un journal de 70 pages...
Ce qui m'a le plus frappé, c'est la gentillesse des gens. A mon grand étonnement en effet, j'aurais pu constater que le sens de l'hospitalité et de la solidarité est encore bien présent dans nos campagnes. Le choc culturel en était d'autant plus rude à mon retour à Paris...

"LE CUL SUR LA SELLE"
Grand amateur de voyages, Montaigne écrivait : "Si le destin me permettait de passer ma vie à ma guise, je choisirais à la passer le cul sur la selle".
Avec Pat Parelli, le célèbre "horseman" américain.
Stormy, le "zorse" du Haras de la Cense.
Dans les prés salés de la Baie du Mont Saint-Michel.
Avec ses belles pistes cavalières, la forêt de Rambouillet est un terrain de jeu idéal pour monter à cheval. Pour peu que l'on parte à la recherche de ses trésors cachés, ce petit coin de nature révèle de bien jolis endroits qui invitent à l'évasion et font rêver aux grands espaces des contrées lointaines...

Bon, il n'y a pas que le cheval dans la vie !..


































































































































































































































































